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  • « Une centaine de quartiers en France » présentent « des similitudes potentielles avec Molenbeek » — Patrick Kanner, ministre de la ville.

  • En fait, les salafistes ne veulent pas « prendre le pouvoir dans les quartiers ». Dans nombre d'entre eux, ils l'ont déjà.

  • « Plus j'avance entre les immeubles, plus je suis sidéré. Une cour des miracles islamiste, une poche salafiste, une enclave qui veut vivre comme au temps de Mahomet. Boulanger, coiffeur, gardiens d'immeuble, adolescents. ... C'est une mini-république islamique. ... Durant les prêches, on fustige, on criminalise. Une femme qui fume ? Une dépravée. Une femme qui ne se voile pas ? Elle aguiche. Un homme qui ne consomme pas de nourriture halal ? Il a pris un ticket express pour l'enfer. » — Paris Match.

Patrick Kanner, ministre de la ville, n'avait sans doute pas prévu, dimanche 27 mars 2016, de dire la vérité. Il était sur le plateau d'Europe 1 pour rappeler le credo de la gauche : le terrorisme islamiste c'est la faute à la pauvreté et au chômage. Mais la question lui a été posée avec insistance : « combien de Molenbeek en France ? » Alors, il a déclaré : « Il y a aujourd'hui, ON LE SAIT, une centaine de quartiers en France qui présentent des similitudes potentielles avec ce qui s'est passé à Molenbeek ».

Molenbeek, le monde entier LE SAIT aujourd'hui, est ce quartier de Bruxelles qui est devenu l'épicentre du djihad en Europe. Un quartier sous contrôle salafiste qui a envoyé trois de ses habitants assassiner plusieurs centaines de personnes à Paris le 13 novembre 2015. Ce sont des habitants de ce même quartier qui ont posé des bombes à l'aéroport de Bruxelles et à la station de métro Maalbek.

Les réactions n'ont pas tardé. Le premier secrétaire du Parti Socialiste, Jean-Christophe Cambadélis, a accusé Patrick Kanner de « dissoudre la concorde nationale ». Julien Dray, autre figure de proue du parti socialiste, a lui aussi critiqué Patrick Kanner : « Je n'aime pas qu'on stigmatise ».

Patrick Kanner ne s'est toutefois pas laissé intimider. Lundi 28 mars, il a rappelé dans Le Parisien que : « Amedy Coulibaly [le tueur de l'Hyper Cacher], qui venait de la Grande-Borne à Grigny (Essonne), pour Mehdi Nemmouche [le tueur du Musée juif de Bruxelles en 2014], qui est passé par le quartier de la Bourgogne à Tourcoing (Nord), et pour Mohamed Merah, qui était du quartier du Mirail à Toulouse (Haute-Garonne). ».

Malek Boutih, député socialiste, est venu au secours du ministre de la ville. Il a déclaré « C'est la première fois qu'un ministre des banlieues dit un peu la vérité, c'est-à-dire que les ghettos se sont transformés, petit à petit, en zones qu'on ne contrôle pas très bien... Des quartiers qui sont des pépinières à terroristes ».

Samia Ghali, sénatrice (Parti socialiste) des Bouches du Rhones a fait écho aux déclarations du ministre de la ville : « il y a des camps d'entraînement dans les quartiers (de Marseille) où les gens s'entraînent à tirer ». Elle ajoute : « j'en suis à demander qu'on monte un mur dans une école pour que les balles des kalachnikovs ou des fusils ne se retrouvent pas dans la cour de récréation ».

Gilles Kepel, professeur à Science Po, et l'un des meilleurs experts de l'islamisme en France, a expliqué, début avril, que trois ingrédients sont nécessaires pour fabriquer un Molenbeek :

« 1. Un puissant système de criminalité organisé autour du kif (en provenance du Rif marocain) ; 2. La présence de planques pour les terroristes et de lieux de stockage d'armes, qui autorisent l'interpénétration du milieu des trafiquants d'armes avec le milieu djihadiste anciennement implanté (dès 2001, les deux assassins du commandant Massoud, deux Tunisiens, venaient de Molenbeek, et Mehdi Nemmouche en 2014 ou Ayoub el Khazzani, qui voulait mitrailler le Thalys en 2015, sont passés par Molenbeek) ; 3. Des politiques locales complaisantes envers les salafistes, qui ont pu y ouvrir de nombreuses mosquées incontrôlées. »

Ces trois ingrédients ne seraient pas uniformément présents dans les 100 Molenbeek français a ajouté Gilles Képel. Mais le but des salafistes ajoute-t-il, est bel et bien de s'emparer des quartiers pour mener « une guerre d'enclaves ».

Patrick Kanner, le ministre de la ville, a confirmé : « les salafistes veulent prendre le pouvoir dans ces quartiers ». Et le premier ministre Manuel Valls a souligné, le 4 avril, la gravité de la situation : une « minorité » fondamentaliste est en passe de remporter «la bataille idéologique et culturelle » sur l'islam.

En fait, les salafistes ne veulent pas « prendre le pouvoir dans les quartiers ». Dans nombre d'entre eux, ils l'ont déjà.

Le 27 janvier, le magazine Paris-Match consacrait plusieurs pages au quartier de la Reine-Jeanne à Avignon, une grande ville du sud de la France, ou les salafistes ont mis en coupe réglée un demi-million de musulmans.

« Plus j'avance entre les immeubles, plus je suis sidéré. Une cour des miracles islamiste, une poche salafiste, une enclave qui veut vivre comme au temps de Mahomet. Boulanger, coiffeur, gardiens d'immeuble, adolescents. Tous (ou presque) ivres du Coran. Enfin, leur Coran. C'est une mini-république islamique ».

« Durant les prêches, on fustige, on criminalise. Une femme qui fume ? Une dépravée. Une femme qui ne se voile pas ? Elle aguiche. Un homme qui ne consomme pas de nourriture halal ? Il a pris un ticket express pour l'enfer. Telle voisine, divorcée, trois enfants, qui travaille parmi les hommes ? Elle finira par perdre sa vertu. Elle doit donc démissionner. Pour ne pas passer pour une « fille facile », l'infortunée choisit la vie difficile, les minima sociaux ! »

A Sevran, en banlieue de Paris, la mosquée salafiste a été murée voilà quelques semaines parce qu'elle avait recruté une douzaine de jeunes musulmans pour l'Etat Islamique. Six auraient déjà été tués en Syrie. Nadia Remadna, musulmane et travailleuse sociale, vit à Sevran. Elle y a fondé « la Brigade des mères » pour aider les femmes à garder le contrôle de leurs enfants contre les islamistes. En 2014, elle a écrit un livre choc : « Comment j'ai sauvé mes enfants ». Le sous-titre : « Avant on craignait que nos enfants tombent dans la délinquance. Maintenant on a peur qu'ils deviennent terroristes. »

Lundi 14 mars 2016, Nadia Remadna a été menacée de mort au téléphone : « on sait ou tes enfants vont à l'école ». Et puis aussi : « Ta fille est très jolie », sous-entendu, « on va la violer ». Le lendemain, les salafistes lui ont envoyé une délégation de « vraies mères musulmanes », toutes voilées qui lui ont dit : « on veut des mosquées, pas des écoles ».

Le 29 mars, le philosophe Yves Michaud, a expliqué dans Paris Match que:

« Mes ex-étudiants qui enseignent aujourd'hui en banlieue, dans le 9-3, mais aussi le 9-1 et le 9-4, me disent que parmi leurs élèves, ils ont des jeunes qui peuvent du jour au lendemain devenir des terroristes. Ils cumulent le poids de l'islam, de l'adolescence, de la ghettoïsation qui les fait s'interroger sur leur identité et de la désorientation culturelle. C'est un terreau idéal pour les vocations djihadistes ».

Combien de salafistes en France ? 15 000 à 20 000 selon Bernard Godard, ancien responsable du bureau des cultes au ministère de l'Intérieur. 20 000 à 30 000 salafistes selon le politologue Antoine Sfeir. Selon des sources policières, il y aurait désormais 90 lieux de culte d'obédience salafiste dans l'Hexagone sur 2 500 recensés. Mais le nombre double tous les trois ans. Elles sont situées dans les banlieues autour de Paris, dans la région de Lyon et à Marseille. Et 41 lieux de culte feraient l'objet d'"entrisme", selon le ministère de l'Intérieur, ce qui signifie que des imams « à l'ancienne » sont en train d'être expulsés de force pour être remplacés par des imams salafistes.

La vraie question qui se pose est la suivante : si l'Etat est informé de la situation – et il l'est -, pourquoi n'interdit-il pas le salafisme et n'expulse-t-il pas tous les imams salafistes qui prospèrent dans les quartiers, mais aussi sur YouTube, Facebook, Twitter ?

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